Wrapped Tokens : comment ils fonctionnent, où ils sont utilisés et quels risques ils comportent
Les wrapped tokens permettent d’utiliser des actifs provenant d’un écosystème blockchain dans un autre. Ils permettent d’intégrer la liquidité de BTC, ETH, BNB ou SOL dans des protocoles DeFi et d’autres applications qui ne prennent pas directement en charge l’actif d’origine.
Un wrapped token n’est pas l’actif d’origine lui-même, mais une représentation tokenisée de celui-ci. Dans la plupart des cas, son objectif est de maintenir une valeur liée à l’actif sous-jacent tout en rendant cette valeur disponible dans un environnement technique différent.
Comment fonctionnent les Wrapped Tokens
Le modèle classique fonctionne de la manière suivante : l’actif sous-jacent est verrouillé dans un système spécifique et une quantité correspondante de wrapped tokens est émise. Dans la plupart des cas, la conversion est maintenue selon un ratio de 1:1.
Par exemple, lorsqu’un WBTC est émis, un utilisateur dépose du BTC et reçoit une quantité équivalente de WBTC. Le BTC d’origine reste dans la réserve sous-jacente, tandis que le WBTC peut être utilisé sur les réseaux et les applications qui prennent en charge le token. WBTC est conçu pour maintenir une couverture de 1:1 avec le BTC natif, les réserves pouvant être vérifiées grâce à un mécanisme de Proof of Reserve.
Cependant, le mécanisme de couverture dépend du wrapped token concerné. Dans certains systèmes, les actifs sous-jacents sont détenus par des dépositaires, tandis que d’autres reposent sur des smart contracts ou des protocoles avec un ensemble spécifique de participants. C’est pourquoi il est important de comprendre non seulement le prix du token, mais aussi ce qui garantit réellement les tokens en circulation.
Il est également important de distinguer le wrapped token de l’actif d’origine au niveau technique. 1 WBTC et 1 BTC peuvent avoir presque la même valeur, mais ce sont des actifs différents. BTC est l’actif natif du réseau Bitcoin, tandis que WBTC représente le BTC au sein d’une autre infrastructure blockchain. Leurs valeurs peuvent rester étroitement alignées grâce au mécanisme de couverture, mais techniquement, il ne s’agit pas du même actif.
Le processus inverse est appelé unwrapping. L’utilisateur restitue les wrapped tokens au système concerné, où ils sont brûlés ou retirés de la circulation d’une autre manière, et l’actif sous-jacent est libéré et rendu à l’utilisateur. Dans le cas de WETH, par exemple, l’ETH déposé dans le smart contract est verrouillé, tandis que le WETH est brûlé lors du processus de remboursement et la quantité correspondante d’ETH est libérée.
Où les Wrapped Tokens sont utilisés
L’objectif principal des wrapped tokens est de déplacer la liquidité entre les écosystèmes blockchain. Un actif qui existe initialement sur un réseau peut accéder à l’infrastructure et aux applications d’un autre réseau.
Les wrapped tokens sont particulièrement importants dans la DeFi. Ils peuvent être utilisés sur des exchanges décentralisés, dans des protocoles de prêt, des pools de liquidité et différentes stratégies générant des rendements.
Par exemple, WBTC permet d’utiliser le BTC comme garantie, de l’apporter à des pools de liquidité ou de le déployer dans d’autres applications DeFi. WETH est largement utilisé dans les paires de trading et les applications construites autour du standard ERC-20.
Dans ce sens, le wrapping ne crée pas nécessairement un nouvel actif économique. Il rend plutôt la liquidité existante compatible avec un autre environnement blockchain.
Wrapped Tokens populaires
Parmi les exemples les plus connus figurent :
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WBNB — une version wrapped de BNB utilisée comme token BEP-20 au sein de l’écosystème BNB Smart Chain. BNB est l’actif natif du réseau, tandis que WBNB lui permet d’interagir avec les applications construites autour du standard BEP-20.
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WETH — une version wrapped d’ETH utilisée sur Ethereum et dans différents écosystèmes L2 et autres écosystèmes EVM, notamment Arbitrum, Base et Polygon.
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WSOL — une forme tokenisée de SOL au sein de l’écosystème Solana qui permet à SOL d’interagir avec le Token Program.
Le même nom n’implique pas toujours exactement la même implémentation technique. Différents réseaux peuvent avoir différentes implémentations d’actifs wrapped. Les utilisateurs doivent donc toujours vérifier l’adresse du token et le protocole spécifique qui l’a émis avant d’utiliser un wrapped token.
Pourquoi WETH est-il nécessaire sur Ethereum ?
ETH est l’actif natif d’Ethereum. Il existe directement au niveau du protocole et est notamment utilisé pour payer le gas.
Le problème est qu’ETH lui-même n’est pas un token ERC-20. Parallèlement, de nombreux protocoles DeFi et applications décentralisées sont conçus pour interagir spécifiquement avec des tokens ERC-20.
WETH résout cette limitation technique. Un utilisateur dépose de l’ETH dans un smart contract et reçoit une quantité équivalente de WETH, un token compatible avec ERC-20. Cela permet d’utiliser WETH dans les applications qui fonctionnent avec le standard ERC-20.
WETH peut être reconverti en ETH selon un ratio de 1:1 lorsque cela est nécessaire. Le WETH est brûlé au cours du processus et la quantité correspondante d’ETH est libérée du smart contract. Cependant, l’ETH natif reste nécessaire pour payer le gas — WETH ne peut pas être utilisé à cette fin.
WETH ne remplace donc pas ETH. Son objectif est différent : il représente ETH dans un format avec lequel les smart contracts et les applications DeFi peuvent travailler plus facilement.
Risques liés à l’utilisation des Wrapped Tokens
Les wrapped tokens ajoutent un niveau supplémentaire de complexité et, avec lui, des risques supplémentaires.
Le premier est le risque de conservation. Si l’actif sous-jacent est détenu par un dépositaire tiers, les utilisateurs dépendent de la capacité de ce dépositaire à protéger les réserves et à restituer les actifs lorsque cela est nécessaire. Les piratages, les fonds gelés, les problèmes techniques ou une faillite pourraient créer des difficultés lors du remboursement des wrapped tokens.
Le deuxième est le risque lié aux smart contracts. Si l’émission et le remboursement des tokens sont contrôlés par des smart contracts, une erreur de programmation ou une vulnérabilité pourrait entraîner la perte de fonds ou perturber le mécanisme de couverture. Même WETH, qui repose sur un smart contract relativement simple et bien établi, reste un token dont le fonctionnement dépend du code.
Le troisième est le risque de depeg. On s’attend généralement à ce qu’un wrapped token conserve une valeur proche de celle de son actif sous-jacent, mais son prix de marché peut temporairement s’en écarter. Des problèmes liés aux réserves, à la liquidité ou au mécanisme de remboursement peuvent rendre ces écarts plus importants.
Enfin, il est important de se rappeler la différence fondamentale entre un wrapped token et l’actif d’origine. 1 WBTC est censé avoir approximativement la même valeur que 1 BTC, mais WBTC n’est techniquement pas du BTC. De même, WETH représente ETH dans un format compatible avec ERC-20, mais ce n’est pas de l’ETH natif.
Les wrapped tokens sont devenus une partie importante de l’infrastructure crypto, car ils permettent de déplacer la liquidité entre les réseaux et de rendre les actifs existants utilisables dans la DeFi. Mais cette commodité implique un compromis : la sécurité d’un wrapped token dépend non seulement de la blockchain sous-jacente, mais aussi de son mécanisme de couverture, des smart contracts, des dépositaires et de l’infrastructure plus large qui relie le token à l’actif sous-jacent.
